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COMMUNIQUE DE Jean-Pierre NICOLAS, Député de l’Eure
 
 
Evitons que le vent sème la Tempête !
 
L’énergie constituera à n’en pas douter un enjeu majeur dans les prochaines décennies. Même si l’après pétrole est encore lointain du fait de la mise en œuvre de nouvelles techniques, à l’évidence il n’est plus durable que 85% de la consommation mondiale d’énergie proviennent des énergies fossiles. Il est quasiment certain que l’ère du pétrole bon marché est derrière nous ; d’ailleurs en 3 ans, la facture énergétique de la France est passée hors nucléaire de 25 à 45 milliards d’euros. Bien que 1,6 milliard d’habitants n’aient pas encore accès à l’électricité, la croissance globale des consommations est inéluctable avec l’incertitude du développement des pays émergents et leurs choix énergétiques qui peuvent plus ou moins impacter l’environnement. Dans ce contexte les chefs d’Etats Européens se sont mis d’accord sur une politique énergétique pour l’Europe :
 
  • Augmenter de 20% l’efficacité énergétique ; la meilleure énergie est celle qui est économisée ;
  • Réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre
  • Atteindre une proportion de 20% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale de l’union Européenne d’ici 2020 et une proportion de 10% de biocarburants dans la consommation totale des véhicules d’ici 2020.
 
Dans ce scénario, la France a des atouts (nucléaire, hydraulique, biomasse, solaire, biocarburants et bien sur éolien) pour  garantir sa sécurité d’approvisionnement, préserver l’environnement, avoir des prix d’énergie compétitifs et garantir l’accès pour tous nos concitoyens à l’énergie dans un objectif de cohésion sociale.
 
C’est dans ce contexte national que doit s’apprécier le développement de l’énergie éolienne dans notre pays en termes de production énergétique, de coûts pour la collectivité et de contribution à la limitation d’émission de gaz à effet de serre.
 
Rappelons que la France est le bon élève de la classe européenne en matière d’énergie renouvelable. En effet, 95% de notre énergie électrique est produite sans gaz à effet de serre par le nucléaire et l’hydroélectrique. Nous n’avons donc que 5% de production électrique qui créent un problème de pollution atmosphérique. En Allemagne, 50%, en Espagne 50% et au Danemark 82%. On peut donc comprendre que ces pays aient une autre stratégie que la nôtre.
 
S’agissant de la production éolienne qui à nouveau fait débat passionné dans nos communes, plusieurs aspects sont à considérer : la technologie elle-même, sa place dans notre production d’électricité, son coût, son impact environnemental, et probablement le plus important, l’acceptabilité sociale.
 
Selon toute vraisemblance, l’éolien terrestre, c'est-à-dire celui qui concerne nos campagnes, est une technologie mature dont il ne faut plus attendre de rupture technologique améliorant l’efficacité et permettant de diminuer considérablement les coûts d’investissement.
 
La place de l’éolien dans notre production d’électricité ira grandissante. Le grenelle de l’environnement fixe l’objectif de 25 000 MW (mégawatts) installés à l’horizon 2020 offshore compris (2 500 actuellement) pour une production 2007 de 4,05 Twh (milliards de Kwh) alors que le total de la production française d’électricité s’est élevé à 569 (Twh milliards de Kwh) 
 
Par ailleurs dans un rapport du CEA on peut lire « 1 seul réacteur nucléaire actuel correspond à la production annuelle moyenne de 8 000 éoliennes de grande taille. Un parc éolien fonctionne en moyenne 20% du temps à pleine capacité avec des moyennes journalières variant de 0 à 80 % . L’électricité éolienne peut certes offrir une alternative intéressante pour des productions décentralisées consommées sur site et comme complément marginal à une production de masse assurée par d’autres voies. Mais elle est aujourd’hui encore d’un coût nettement plus élevé que la production d’origine nucléaire ou hydraulique.
 
Les aspects économiques de l’énergie éolienne font également débat. L’intermittence de l’énergie éolienne conduit à renforcer les lignes électriques et les postes de transformation générant un coût de l’ordre de 2 milliards d’euros pour EDF avec 25 Gw d’éolien installés.
 
Mais le débat le plus vif concerne le prix d’achat obligé de l’énergie éolienne par EDF et la rentabilité dégagée pour les promoteurs. La Commission de Régulation de l’Energie qui ne peut pas être soupçonnée de quelque favoritisme que ce soit, s’est prononcé à plusieurs reprises sur ces coûts d’achats garantis par l’Etat aux promoteurs éoliens. Dans un avis publié au JO du 30 octobre 2008, elle s’est déclarée défavorable au projet d’arrêté fixant les conditions d’achat de l’électricité éolienne considérant que dans ces conditions elles généraient une rente excessive pour les promoteurs, rente qui de plus alourdissait la facture des clients d’EDF ou d’autres distributeurs (estimation 3,2 milliards en 2020 avec un prix de marché à 45 € le Mwh). Un précédent rapport faisait même état  d’une rente de 25% par an pendant 15 ans après impôts.
 
Cette rentabilité constitue la motivation même des promoteurs dont on peut dans ce contexte comprendre l’agressivité commerciale. Un maire, avec l’installation d’éoliennes peut voir aussi une ressource financière supplémentaire pour sa commune, c’est légitime.
 
 Les propriétaires des terrains sur lesquels sont installées ces fermes éoliennes bénéficient eux aussi de redevances intéressantes, ils n’y sont donc pas insensibles, c’est humain. Concernant l’impact environnemental, les avis peuvent différer sur l’esthétique mais sur la pollution atmosphérique du fait de l’intermittence de l’éolien et donc de la nécessité de pallier ses défaillances par de la production d’électricité à base d’énergie fossile il convient de noter qu’un  rapport récent de l’académie des technologies estime qu’au delà de 15 GW le fonctionnement de l’éolien nécessiterait de plus en plus d’énergies fossiles superflues entraînant une augmentation nette des émissions de CO²
 
L’acceptabilité sociale constitue probablement le tendon d’Achille le plus délicat de l’éolien. Certes la législation (je n’ai pas voté la loi de 2005) et la réglementation actuelle, définissent des procédures qui dans des Etats de droit comme le notre doivent s’imposer à tous. Mais peut-on imposer à tous les résultats d’une instruction de dossier menée par quelques initiés et peut-on imposer à tous les conclusions d’une instruction qui, si elle était conduite maintenant, conduirait vraisemblablement à des conclusions différentes ? C’est le cas à Quittebeuf où l’avis positif des militaires donné initialement serait maintenant vraisemblablement négatif et conduirait probablement ainsi l’Etat à prendre un arrêté d’implantation différent. Enfin peut-on imposer à des élus, issus du suffrage universel donc représentant le peuple souverain des conclusions administratives ? Quittebeuf est un véritable cas d’école. Certes, toutes les procédures pour casser l’arrêté préfectoral positif ont été rejetées y compris par le conseil d’Etat. A l’évidence, d’autres cas suivront.
 
Alors, ne faut-il pas en appeler au civisme du promoteur. A défaut de renoncer à son projet sur ce site «  puisqu’il a la loi pour lui » quelles mesures compensatoires environnementales et économiques peut-il proposer aux communes impactées par son projet ? A – t- il parfaitement intégré que l’installation par la force de ses machines lui aliènera une grande partie de la population ? La paix et la fraternité dans nos villages valent bien mieux qu’une rente financière à l’intérêt général discutable.
 
La participation de l’éolien au nécessaire développement des énergies renouvelables dans notre pays passe probablement par la définition et l’adoption par les élus représentant les citoyens de zones de développement éolien (ZDE) qui éviteront le mitage de nos territoires et pourraient bénéficier de démarches simplifiées en contre partie d’une diminution des tarifs d’achat garantis. On éviterait ainsi un développement anarchique des projets et la « jacquerie » dans nos campagnes. De plus, l’argent ainsi économisé pourrait être consacré à favoriser les économies d’énergie ou les dépenses de recherche dans les énergies renouvelables à fort potentiel, le solaire par exemple, pour lequel, la France peut constituer une filière industrielle compétitive.
 
La raison doit l’emporter sur la passion et l’intérêt général sur les intérêts particuliers.
 
 
 
                                                                    
 
 
 
 
                                                                                              Jean-Pierre NICOLAS
                                                                                            
 
 

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Commentaires
Denis Szalkowski le 25/10/09 à 09:24
Je crains que vous n'ayez fait un amalgame entre énergies renouvelables et nucléaire. Si le nucléaire n'émet pas de CO2, il n'est pas une énergie renouvelable, y compris dans le cas de la mise en œuvre de la fusion.


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